Sud Ouest
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Arnaud Dejeans
Le Pays basque a déjà vu passer la célèbre moustache de José Bové. Mais la visite du vice-président de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen au salon Lurrama est une première. L'occasion d'entendre ce défenseur d'une agriculture paysanne, qui participera aujourd'hui à 15 heures au débat sur « la répartition des aides européennes ».

« Sud Ouest ». Comment interprétez-vous la visite du ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, une première depuis la création du salon de l'agriculture paysanne au Pays basque ?

José Bové. C'est un signe positif, car c'est la reconnaissance du travail effectué depuis des années par les organisateurs EHLG (NDLR : Euskal Herriko Laborantza Ganbara). C'est aussi une façon de légitimer une agriculture paysanne et respectueuse très présente au Pays basque. Car ici, les atouts sont nombreux avec la diversité et la qualité des productions.

Mais les petites exploitations sont-elles suffisamment armées pour affronter les enjeux de demain avec la mise en place de la nouvelle Politique Agricole Commune qui sera votée l'an prochain au Parlement européen ?

Aujourd'hui, il est clair que c'est le modèle des grandes exploitations qui est privilégié. 80 % des aides européennes sont distribuées à 20 % des agriculteurs. Mais nous nous battons au Parlement pour que les petites structures, dès le premier hectare, puissent être aidées. Cela pourra se faire si les aides sont plafonnées pour les très grosses exploitations. Le « verdissement de la PAC », qui mettra l'accent sur les pratiques respectueuses de l'environnement, va dans ce sens.

Les AMAP (Association pour le maintien de l'agriculture paysanne) qui fleurissent sur la Côte basque ont parfois du mal à trouver des producteurs dans un rayon proche. Un mauvais signe ?

C'est la preuve qu'il faut encore développer des outils pour aider les nouveaux agriculteurs à s'installer. Et je ne pense pas qu'aux jeunes. Il faudra élargir le système à tous ceux qui se lancent dans l'aventure suite à une reconversion professionnelle, sans limite d'âge. L'autre enjeu principal, c'est le foncier. Les communes doivent cesser de bétonner les terres agricoles. L'équivalent d'un département agricole disparaît tous les 7 ans en moyenne en France alors que le chiffre était de 10 ans il y a quelques années seulement.

C'est un des arguments forts des agriculteurs basques qui se mobilisent contre le projet de construction d'une nouvelle voie ferroviaire.

Je soutiens leur combat car ce projet allait encore dévorer des hectares de terres agricoles. Mais vu l'état des finances du pays, je crois qu'il va être abandonné. C'est une bonne nouvelle pour l'agriculture.

Le salon Lurrama ouvre ses portes aujourd'hui à partir de 9 h 30 à la Halle d'Iraty (Biarritz). Jusqu'à dimanche.


 


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